Le Panama ou Les aventures de mes sept oncles : poème

Année:
1918
Auteur:
Blaise Cendrars
(1887 - 1961)
Éditeur:
Éditions de la Sirène

Blaise Cendrars naquit à Neuchâtel en 1887 et s'éteignit à Paris en 1961. Une vie bien ordonnée, semble-t-il, mais les choses ne sont pas aussi simples. Cendrars commença par parcourir le monde, ce que l'on retrouve dans ses livres. Non seulement il quitta son foyer en 1904 pour se faire apprenti joaillier à Saint-Pétersbourg, mais il abandonna également son véritable nom (Frédéric Louis Sauser) pour le pseudonyme sous lequel il devint célèbre.

Couverture
Couverture

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Faux titre, avec envoi autographe de Blaise Cendrars à Louis Koopman
Faux titre, avecenvoi autographe de Blaise Cendrars à Louis Koopman

Faux titre, avecenvoi autographe de Blaise Cendrars à Louis Koopman

Page de titre
Page de titre

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Justification du tirage
Justification du tirage

Justification du tirage

Page [7]
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Page [30-31]
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Page [40]
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Colophon
Colophon

Colophon

En 1907, il se rendit en Suisse (à Berne), il rejoignit ensuite Paris en 1910, puis repassa par Saint-Pétersbourg avant de partir pour New York en 1911. C'est là qu'il écrivit sa première œuvre, Les Pâques, sous le pseudonyme de Blaise Cendrart. Le -t final devait plus tard être remplacé par un -s. C'était un pseudonyme choisi avec soin: le prénom Blaise symbolise la braise qui réduit en cendres tout ce qu'elle touche. 'Ecrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres'. Cette destruction par le feu rappelle d'ailleurs également l'une de ses amies de jeunesse de Saint-Pétersbourg, brûlée vive en 1907 (probablement un suicide).

Une poésie dynamique

Après son retour à Paris, Cendrars se plongea dans le milieu des petites maisons d'édition, des artistes et des anarchistes. En collaboration avec Sonia Delaunay, il publia La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France, livre aujourd'hui particulièrement coûteux. Il parut en 1913 aux Editions des Hommes nouveaux, orné d'illustrations au pochoir de Sonia Delaunay, sur quatre bandes allongées. A gauche l'illustration, à droite le texte, également traversé de surfaces colorées. Tout en haut, à côté du titre, est imprimée une carte de Sibérie. Blaise Cendrars utilisa également des fragments de carte pour un autre de ses poèmes: Le Panama ou les aventures de mes sept oncles. Cette dixième édition, parue aux Editions de la Sirène, comprend une gravure sur bois de style Inca, le fac-similé d'un dépliant sur Denver et 25 plans de lignes de chemins de fer.

La carrière d'écrivain de Blaise Cendrars se déroula de façon laborieuse, son succès ne fut pas immédiat: ainsi, dix ans après sa parution, Le Panama n'était par exemple toujours pas épuisé. Cela est dû,en grande partie, à la Première Guerre mondiale. Cendrars fut blessé, son bras droit dut être amputé et il décida de ne plus écrire de poésie. Ce fut seulement après 1929 qu'il tint sa résolution, écrivant dorénavant des essais sur l'art et le cinéma, des reportages et de la prose. Sa poésie est cependant importante: il tenta d'écrire une poésie 'symphonique', quelque peu apparentée à la vision que le couple Delaunay (Sonia et Robert), adepte du simultanéisme, avait de l'art. Cela consistait à évoquer des 'mouvements éternels et simultanés' par le biais de la couleur. Ce que Blaise Cendrars en retira est un style de narration non linéaire. C'est une poésie dynamique, qui donne une vue d'ensemble des situations sans les fixer. Il parlait lui-même de poèmes 'élastiques'. C'est un style proche, entre autres, de l'expressionnisme et du cubisme, et les poèmes ressemblent à des collages de thèmes personnels ou de sujets d'actualité, racontés dans des registres variés, un peu comme une page de journal se compose d'articles divers, d'images et de petites annonces.

Lestrainsvers l'est et l'ouest

Le poème Le Panama ou les aventures de mes sept oncles est un panorama de l'époque, débutant avec le scandale de Panama, qui précipita de nombreux financiers et spéculateurs à la ruine. Dans ce poème, les parents du narrateur font également partie des victimes et sont forcés d'emménager dans un logement plus petit. La mère raconte ensuite l'histoire de ses frères, les sept oncles du jeune narrateur, à ce dernier. Le récit de leurs vies donne le ton des quinze premières années du vingtième siècle, grâce aux noms et expressions utilisés: 'Strindberg a démontré que la terre n'est pas ronde', 'Les pumas qui nichent dans le gazomètre défoncé', 'J'ai le mal du pays Je suis tous les visages et j'ai peur des boîtes aux lettres', 'Toyo Kisen Kaisha'. Tout cela, l'auteur le définit de la manière suivante: 'La poésie date d'aujourd'hui'.

Le graphisme du livre est déterminé par deux facteurs: la longueur des vers, qui doivent souvent être interrompus, et les cartes des lignes de chemins de fer. Les trains circulent de la côte ouest à la côte est de l'Amérique, en direction de Chicago, au nord, ou de Saint Louis, au sud, ou de Chicago à Ashland. Ils n'ont en fait pas grand-chose à voir avec la poésie, mais donnent une idée de la vitesse du poème. Ce sont des indications des faits et actualités dont le narrateur est capable de se souvenir et qu'il accepte de dévoiler. On y trouve ainsi des vers qui nous apprennent que le'Los Angeles limited' part à 10h02, arrive trois jours plus tard et est le seul train au monde à posséder un salon de coiffure.

Chaque page est traversée en son milieu par une pliure verticale: le livret doit être plié en deux. Il ressemble ainsi à un guide de voyage, avec sa couverture rouge et bleue, sur laquelle semblent être appliqués des autocollants, et une bouée de sauvetage mentionnant le nom de l'auteur. L'exemplaire de la Collection Koopman est l'un des 500 exemplaires ordinaires sur papier vélin Lafuma, le numéro 181, mais comporte une dédicace de la main de l'auteur:'à la mémoire de Mlle Anny Antoine ce vade-mecum du gai-voyage. Blaise Cendrars'.

Voir aussi le film sur Blaise Cendrars.

Description bibliographique

Description: Le Panama ou Les aventures de mes sept oncles : poème / Blaise Cendrars. - Paris : Éditions de la Sirène, 1918. - [42] p. : ill. ; 24 cm
Imprimeur: Frazier-Soye
Tirage: 580 exemplaires
Exemplaire: No. 181 des 500 sur papier vélin Lafuma
Note: Envoi autographe de l'auteur à Louis Koopman
Bibliographie: In liefde verzameld 250 ; Mahé I-441
Cotation: Koopm B 499

Références bibliographiques

  • Paul van Capelleveen, Sophie Ham, Jordy Joubij,Voix et visions. La Collection Koopman et l'Art du Livre français. La Haye, Koninklijke Bibliotheek, Bibliothèque nationale des Pays-Bas; Zwolle, Waanders, 2009
  • Blaise Cendrars, Panama of De avonturen van mijn zeven ooms. Utrecht, IJzer, 1999
  • Miriam Cendrars, Blaise Cendrars, l'or d'un poète. Paris, Gallimard, 1996
  • Claude Leroy présente L'or de Blaise Cendrars. Paris, Gallimard, 1991
  • Pascal Fouché, La Sirène. Paris, Bibliothèque de Littérature française contemporaine de l'Université Paris, 1984