Sans fin l'affamé
Année:
1976
Auteur:
Charles Juliet
1934
Artiste:
Bram van Velde
(1895 - 1981)
Éditeur:
Fata Morgana

En 1939, l'artiste Bram van Velde fait la connaissance de l'écrivain irlandais Samuel Beckett: une rencontre qui devait être décisive pour la suite de sa vie. Bram van Velde, né à Zoeterwoude, avait fait ses débuts dans un atelier de peinture et de décoration à La Haye et quitté les Pays-Bas en 1922. En Allemagne, dans la colonie d'artistes Worpswede, il avait travaillé dans un style expressionniste qu'il continua à développer à Paris pour aboutir à une abstraction très personnelle dont il ne s'est plus écarté. Par ce style, il se distinguait des artistes français qui étaient arrivés au style abstrait par le biais de l'impressionnisme et du cubisme.

Couverture
Couverture

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Lithographie de Bram van Velde (p. [5])
Lithographie de Bram van Velde (p. [5])

Lithographie de Bram van Velde (p. [5])

Page [7]
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Pages [22]-[23] avec une lithographie de Bram van Velde
Pages [22]-[23] avec une lithographie de Bram van Velde

Pages [22]-[23] avec une lithographie de Bram van Velde

Lithographie de Bram van Velde (p. [30-31])
Lithographiede Bram van Velde (p. [30-31])

Lithographiede Bram van Velde (p. [30-31])

Colophon
Colophon

Colophon

Van Velde a séjourné pour de courtes périodes en Corse et à Mallorque, où sa femme Lilly Klöker meurt soudainement en 1936. Il rentre à Paris où, au demeurant, on manifestait peu d'intérêt pour son art. Il participe de temps à autre à une exposition collective aux Pays-Bas. En 1929, J. Greshoff écrivit une longue critique sur une de ces expositions (l'article est paru également en version française) dans laquelle, après avoir longuement pesé le pour et le contre, il accorde sa préférence à l'œuvre de Geer van Velde, le frère de Bram van Velde, qui habitait lui aussi à Paris.

Van Velde et Beckett

La rencontre de Bram van Velde avec Samuel Beckett a changé sa vie. Non seulement ils étaient apparentés spirituellement et suivaient tous deux leur propre voie, stricte et sans compromis, ils devaient aussi acquérir tous deux la célébrité et le prestige seulement après la Seconde Guerre mondiale. L'œuvre de Beckett a obtenu une reconnaissance internationale alors que Van Velde est resté un nom pour un public mondial plus restreint, à l'échelle mondiale. Beckett a écrit un article sur les frères Van Velde prenant clairement parti pour Bram. Lespropos de l'écrivain devinrent paroles d'évangile pour le peintre. Bram van Velde ne manquat aucune occasion de porter Beckett aux nues, du moins, quand il voulait bien ouvrir la bouche!

Pendant la guerre Van Velde n'a pas pu peindre. C'est seulement après la guerre qu'il a repris ses pinceaux: tout comme Beckett, il trouvait que l'art n'était pas un moyen d'exprimer la vie intérieure. La seule chose qui comptait était d'arriver à un résultat parfait et autonome. En 1946 eut lieu sa première exposition personnelle dans la Galerie Mai à Paris. Geer van Velde obtenait entre-temps de la galerie d'art parisienne Maeght qu'elle propose aux frères van Velde un contrat pour cinq ans. Celui-ci ne fut pas reconduit, car les ventes de leurs tableaux restaient affligeantes. Pourtant, le Kunsthalle de Bern organisa en 1958 une première rétrospective de Bram van Velde - il avait entre-temps 62 ans - et à partir de ce moment-là les ventes ont mieux marché.Au cours deses dernières années il a bénéficié de la protection du galeristeJacques Putman.

La détresse, la peur et la souffrance

La carrière de Van Velde en tant qu'illustrateur de livres a réellement commencé en 1949 avec quatre lithos qu'il a réalisées pour Enfants du ventre de Marthe Arnaud. Dans les années cinquante, il a rendu service à son tour à Beckett en concevant les couvertures de ses livres en litho. A partir de 1967 il a également réalisé des productions libres en lithographie et ces lithos ont servi d'illustrations. Ce ne sont pas des illustrations au sens strict du terme carelles sont indépendantes du texte. Les lithographies étaient imprimées dans l'atelier de Pierre Badey à Paris.

En octobre 1964 le jeune auteur Charles Juliet lui a rendu visite pour la première fois. Juliet, qui a tenu et publié un journal, a recueilli en 1978 les propos qu'il a tirés de Van Velde au fil des années- les silences duraient toujours plus longtemps que les échanges. En 1984 une riche édition est parue chez Fata Morgana à Montpellier. Cette maison d'édition a également publié le poème de Juliet Sans fin l'affamé en 1976. Van Velde a fait quatre lithos pour cette édition. Le poème a été mis en page avec soin dans une imposante police du caractère Garamond. La thématique de la détresse, de la peur et de la souffrance correspond étroitement aux propres conceptions de Bram van Velde: le lecteur est associé à des expériences fondamentales via des sentiers tortueux dans une ambiance morose, comme par exemple: 'la mort rongeant déjà chacune de mes fibres', la mort qui selon Juliet 't'aide à mourir'.

Description bibliographique

Description: Sans fin l'affamé / Charles Juliet ; [lithogr. de] Bram van Velde. - Montpellier : Fata morgana, 1976. - [54] p. : ill. ; 35 cm
Imprimeur: Pierre Badey (Parijs) (lithographies)
Impr. de Charité (Montpellier) (texte)
Tirage: 120 exemplaires
Exemplaire: No. 74 des 120 sur papier vélin d'Arches
Caractère: Garamond
Bibliographie: Accoord CR 186 ; Bénézit 14-98 ; Fata morgana 100 ; In liefde verzameld 50
Cotation: Koopm A 235

Références bibliographiques

  • Bram van Velde 1895-1981. 's-Gravenhage, SDU uitgeverij, 1989
  • Fata morgana 1966-1993. Saint-Clément-la-Rivière, Fata Morgana, 1993
  • Paul van Capelleveen, Sophie Ham, Jordy Joubij, Voix et visions. La Collection Koopman et l'Art du Livre français. La Haye, Koninklijke Bibliotheek, Bibliothèque nationale des Pays-Bas; Zwolle, Waanders, 2009
  • Charles Juliet, Rencontres avec Bram van Velde. Montpellier, Fata Morgana, 1984
  • Erik Slagter, Bram van Velde, een hommage. Leiden, Stedelijk Museum De Lakenhal, 1994