Les reliures de la Collection Koopman

L'aspect d'un livre est un élément important pour Anny Antoine et plus tard aussi pour Louis Koopman. On trouve dans cette collection beaucoup d'oeuvres admirables et bien présentées, surtout parce que tous deux complètent la collection de préférence avec des exemplaires venant d'un 'tirage de luxe'. Les reliures jouent ici aussi un rôle, même si celui-ci est secondaire.

Reliures élégantes de la Collection Koopman

Reliures élégantes de la Collection Koopman

Réliure de Pierre J.M. Thielen, plat supérieur et plat inférieur (pourLes Pélican)

Réliure de Pierre J.M. Thielen, plat supérieur et plat inférieur(pourLes Pélican)

Réliure de René Kieffer, plat supérieur et plat inférieur(pour Pontoise ou La folle journée)

Réliure deRené Kieffer, plat supérieur et plat inférieur(pourPontoise ou La folle journée)

Réliure dun rélieur inconnu, plat supérieur et plat inférieur (pour La petite Jeanne pâle) 

Réliure d'un rélieur inconnu, plat supérieur et plat inférieur (pour* La petite Jeanne pâle*)

Réliure dun rélieur inconnu, plat supérieur et plat inférieur (pour Le calumet)

Réliure d'un rélieur inconnu, plat supérieur et plat inférieur (pourLe calumet)

Réliure de Pierre J.M. Thielen, plat supérieur et plat inférieur(pourMes amis)

Réliure de Pierre J.M. Thielen, plat supérieur et plat inférieur(pourMes amis)

Étiquette de René Kieffer

Étiquette de René Kieffer

Reliure dun relieur inconnu, plat supérieur et plat inférieur(pourLes chants de Maldoror)

Reliure d'unrelieur inconnu, plat supérieur et plat inférieur(pourLes chants de Maldoror)

Réliure de René Kieffer, plat supérieur et plat inférieur (pour Les Pâques à New-York)

Réliure deRené Kieffer, plat supérieur et plat inférieur (pourLes Pâques à New-York)

Anny Antoine avait l'habitude de faire relier les livres sortis en couverture de papier par les éditeurs, une habitude qui coûte cher. Aux Pays-Bas, en 1935, on compte environ 35 florins pour une reliure en cuir, créée pour l'occasion. En France, une demi-reliure en maroquin coûte en 1930 environ 135 francs. Pour une reliure complète, il faut payer environ 460 francs. Les factures des relieurs n'ont pas été conservées, mais dans les années 20 et 30, pour une jeune collectionneuse comme Anny Antoine, cela a dû représenter des dépenses somptueuses.

Grâce à d'autres données, on voit qu'Anny attache beaucoup d'importance à la reliure de sa collection. Koopman se souvient entre autres de conversations où le rapport entre la reliure d'un livre et son contenu était un sujet de discussion. Il mentionne aussi la préférence d'Anny pour un genre particulier: la reliure Janséniste. Ces reliures tout cuir avec des plats sans ornements, lui plaisent particulièrement à cause de leur aspect sobre et modeste. Dans cette catégorie, on peut classer vingt reliures joliment colorées en provenance de l'atelier Semet & Plumelle, Paris.

Dans son 'Journal intime', Anny mentionne: 'l'un est relié en maroquin raffiné qui ressemble à du marbre, et l'autre en vélin lissé'. Elle mentionne aussi les couleurs remarquables utilisées pour la confection de certaines reliures.

Anny Antoine et Louis Koopman établissent une sorte de répertoire alphabétique de toutes les acquisitions. On voit derrière pratiquement chaque titre, une remarque concernant la reliure. De nombreuses remarques concernent la couleur de la reliure et le nom des différents types de cuir (par exemple '1/2 chagr. bleu', ce qui veut dire que la reliure a été faite en demi-reliure à savoir en peau de chèvre bleu avec un grain très accentué que l’on appelle 'chagrin').

Un grand nombre d'ateliers de reliure s'y trouvent également mentionnés. A part les noms connus comme ceux de René Kieffer et Semet & Plumelle à Paris (des relieurs surtout connus pour leurs créations uniques et artistiques), on trouve aussi des maisons d'éditions comme Gamber, Nelson et Garnier. Ce sont des entreprises qui, selon la liste, ont fait de multiples reliures pour la CollectionKoopman, ou bien qui ont fourni des livres entièrement reliés.

En dehors du grand nombre de demi-reliures, souvent pourvues de superbes papiers ornés, la collection contient aussi beaucoup d'exemples de reliures plus luxueuses. Il s'agît de reliures entièrement recouvertes de cuir enjolivés par estampage, parfois pourvues d’incrustations et confectionnées en nombre restreint, comme par exemple le travail fait par l'atelier de René Kieffer.

Il y a peu de pièces uniques dans la collection. Comme volumes remarquables (qui n'ont pas été fait sur la commande de Anny Antoine ou Louis Koopman), on trouve entre autres, une reliure neo-Grolier de Chambolle Duru (Koopm P 9), une petite reliure admirable de Canape et Corrier (Koopm C 860) et une reliure superbe en maroquin bleu, curieusement non signée, avec une applique de cuir en deux teintes de vert, rose et rouge (Koopm A 48).

Après le décès d'Anny Antoine en 1933, Louis Koopman continue à agrandir la collection et prend soin également de la reliure. Dans une lettre à Molhuysen de 1935, il écrit qu'il fait relier tous ses livres (en demi-chagrin) et lui demande conseil sur la façon de relier des matériaux délicats et compliqués, tels que des lettres. Il ajoute aussi que les tranches de livres qu'il fait relier ne sont plus coupés ou recoupés: le livre est relié tel quel. Avant la guerre, de nombreux volumes brochés ont été reliés à Bruxelles, on ne sait pas par quel atelier de reliure. La correspondance ne mentionne que: chez Jefke...

Sur les années 50, nous n'avons pas d'information spécifique concernant la reliure. Il est possible qu'à cette époque de nombreux livres aient été reliés à Amsterdam. Par ailleurs, Koopman reçoit certains titres déjà reliés de Paris. Toutefois, la reliure sur commande garde son importance, voir la lettre de Koopman du 30 janvier 1967: 'D'ailleurs, n'oubliez surtout pas qu'il est très difficile à l'heure actuelle de trouver quelqu'un capable de relier des livres français comme il faut. Les relieurs sont surchargés de travail à cause du manque de personnel. En plus, un relieur néerlandais abîme un livre français tout à jamais, étant donné qu’il procède à sa façon à lui et commence par ébarber les pages sur tous les côtés.'

Après le décès de Louis Koopman en 1968, la responsabilité de la reliure de la collection se trouve entre les mains de la Koninklijke Bibliotheek, la Bibliothèque nationale des Pays-Bas. On fait appel au savoir des excellents relieurs de la Bibliothèque nationale, qui sont tout à fait qualifiés pour faire ce travail. D'autres entreprises, comme l'atelier de reliure Schrijen, établi au Limbourg, fournissent également des reliures. Cet atelier fournit des emboîtages remarquables. Il fabrique aussi des reliures étonnantes d'une grande qualité artistique, créées par Jos Schrijen et par Pierre Thielen, tous deux travaillants pour ce même atelier. Pour les reliures plus courantes, on fait appel à l'entreprise Verschoor.

En 2003, est crée le Prix Koopman pour la Reliure dans le but de donner un nouvel essor à la reliure.

(Contribution de Rens Top)